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Le blog de Malicorne

Le blog de Malicorne

Journal d'un citoyen français, militant de la vie et de la liberté


enjeux énergétiques pour la France et l'Europe

Publié par Bernard Maillard sur 2 Mars 2012, 19:36pm

Catégories : #énergie

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                                                           Plage de Kerity février 2012

 

Enjeux énergétiques et propositions

 

La disponibilité d’une source primaire d’énergie constitue un élément clé du développement.

 

La production d’énergie primaire pour répondre aux besoins d’énergie dans le monde a été multipliée par deux entre 1973 et 2009, en passant de 6 milliards de tonnes équivalents pétrole à 12 milliards de tonnes équivalent pétrole, quand la population mondiale passait de 4 milliards à 7 milliards d’habitants aujourd’hui. (Ref 1)

 

La demande moyenne à travers le monde en énergie est de 1,7 tep (tonne équivalent pétrole)  par habitant mais elle est très inégalement répartie, en fonction d’abord du développement des pays.

 

Nous pouvons répertorier :

 

        -          les pays qui se retrouvent autour de la valeur moyenne de l’OCDE qui est de 4,28 tep/h. Danemark 3,37 – Autriche 3,79 – France 3,97 – Allemagne 3,89 – Japon 3,71 – Pays Bas 4,73 – Nouvelle Zélande 4,02 – Russie 4,56 – Suède 4,88 – Suisse 3,45 – Royaume Uni 3,18

 

        -          Les pays en excès notable par rapport à cette valeur moyenne, l’Australie 5,93 – la Belgique 5,30 – le Canada 7,53 ! – la Finlande 6,21 – la Norvège 5,85 – le Quatar 16,91 !!! – l’Arabie Séoudite 6,22 – les Emirats Arabes Unis 12,96 !!! – les USA 7,03 !

 

        -         les pays aux consommations modérées, entre 1 et 2 tep/h pour la plupart en phase de croissance et de développement, Algérie 1,14 – Argentine 1,84 – Brésil 1,24 – Chine 1,7 – Grèce 2,61 – Iran 2,97 – Irak 1,11 – Italie 2,74 – Mexique 1,63 – Pologne 2,46 – Portugal 2,27 – Roumanie 1,6 – Afrique du Sud 2,92 – Espagne 2,75 – Thaïlande 1,52 – Turquie 1,36 – Ukraine 2,51 – Venezuela 2,36

 

        -         les pays en retrait fort, avec une consommation énergétique qui révèle un sous développement endémique largement persistant au sein de la population, Bangladesh 0,18 – Egypte 0,87 – Inde 0,58  - Indonésie 0,88 – Maroc 0,47 – Nigeria 0,7 – Pakistan 0,5 – Philippines 0,42 – Tunisie 0,88 – Vietnam 0,73

 

 

 

La place de l’électricité dans la demande en énergie croît avec le développement

 

Dans le même temps, la part de l’électricité dans la demande en énergie, dans l'usage final, est de plus en plus importante. Au niveau mondial, elle est passée de 9,4 % à 17,3 %, avec une part encore plus importante dans les pays développés. Ainsi l’électricité représente 21,6 % de la demande en énergie au sein des pays de l’OCDE. Aussi, la demande mondiale d’électricité a été entre 1973 et 2009 multipliée par trois, en passant de 6115 TWh à 20055 TWh, quand dans le même temps la demande en énergie était doublée.

 

Si nous voulons assurer le développement de l’ensemble de la planète avec 9 à 10 milliards d’habitants à l’horizon de 20150/2100, il nous faudra savoir produire tout au long du siècle prochain un volume au moins équivalent de cet ordre en électricité, au moindre coût, et en recherchant l’économie la plus grande possible des ressources naturelles primaires (matières premières, eau douce, espaces fonciers, …)

 

La  production de l’électricité a une  incidence directe majeure sur l’environnement

 

En 2009, cette production mondiale d’électricité était assurée à 40 % par le charbon, avec 8119 TWh, à 21% par le gaz, avec 4301 TWh, à 17% par l’hydraulique avec 3329 TWh, et à 13 % par le nucléaire avec 2697 TWh produits.

 

Le détail de la production d’électricité par l’énergie fossile a été le suivant en 2009 :

 

         -         par le charbon, 8119 TWh, dont Chine 2913 TWh, USA 1893 TWh et Allemagne 257 TWh. Pour mémoire, la production de charbon de la Chine, avec 3 Milliards de tonnes, représente plus de la moitié de la production mondiale de charbon. Le deuxième producteur de charbon est les USA avec 932 millions de tonnes. (pour la ressource charbon, chiffres 2010)

 

         -         par le gaz, 4301 TWh, dont USA 950 TWh, Russie 469 TWh, Royaume Uni 165 TWh, et Italie 147 TWh. A noter pour mémoire qu’en 2010, concernant la ressource en gaz, le premier producteur  et premier exportateur de gaz est la Russie avec respectivement 637 milliards de m3 produits et 169 milliards de m3 exportés, le deuxième producteur sont les USA avec 613 milliards de m3, mais ils importent également 74 milliards de m3, que le troisième producteur est le Canada avec 160 milliard de m3 qui en exporte la moitié vers les USA, et le quatrième producteur est l’Iran avec 145 milliards de m3. Le premier importateur de gaz est le Japon avec 99 milliards de m3, viennent ensuite l’Allemagne avec 93 milliards de m3, l’Italie avec 75 milliards de m3, les USA et la France, 5ème importateur mondial de gaz, avec déjà 46 milliards de m3 importés. (pour la ressource gaz, chiffres 2010)

 

        -         Par le fioul,  1027 TWh, dont Arabie Séoudite 120 TWh, et Japon 92 TWh.

 

 

Le pétrole joue un rôle de plus en plus marginal pour la production d’électricité

 

Le pic de production mondiale du pétrole, le  « Peak Oil »,  est  quasiment avéré (ref 2), - la production mondiale quotidienne ne dépassera probablement plus les 90 millions de barils jours et le baril en euros ou en dollars n’a pas fini de s’envoler. De fait le pétrole joue un rôle de plus en plus marginal dans la production d’électricité. Sa facilité de stockage lui octroît encore une place grandement dominante dans les transports, qui ira cependant en diminuant avec la concentration urbaine (70 % de la population mondiale sera urbanisée au milieu du 21ème siècle) et le développement progressif des transports électriques individuels et collectifs. Le pétrole devra être réservé aux usages captifs où la substitution à une autre source d’énergie demeure très difficile.

 

 

La production d’électricité d’origine fossile, charbon et gaz pour l’essentiel,  contribue significativement au niveau mondial à l’effet de serre, mais pas en France

 

 

Les conséquences des émissions de CO2 fossile sur l’effet de serre, sur le réchauffement planétaire, la perturbation météorologique de la planète, et ses conséquences sur les bio-systèmes, déplacement des zones de cultures, inondations de zones fortement peuplées, émigrations massives à terme,…. sont aujourd’hui clairement établies, indépendamment des variations induites par les effets de la variation de l’état du soleil et du positionnement de la Terre dans l’espace.

 

La production d’électricité d’origine fossile contribue significativement aux émissions de CO2 fossile, dont le montant varie par pays en fonction de son niveau de vie économique et sociale, et de son efficacité énergétique.

 

Quelques valeurs d’émissions de CO2 fossile par habitant, chiffres 2009 :

 

       -         USA : 16,90 tonnes CO2 par habitant

       -         Allemagne : 9,16 tonnes CO2 par habitant

       -         Japon 8,58 tonnes CO2 par habitant

 

A comparer aux pays à économie semblable  mais bénéficiant d’un mix énergétique hydraulique/ENR/nucléaire favorable à bas carbone dans la production d’électricité :

 

       -         Suède 4,48 tonnes CO2 par habitant

       -         France 5,49 tonnes CO2 par habitant

 

A noter également les valeurs suivantes :

 

          - pour la Russie, 10,80 tonnes CO2 par habitant

          - pour la Chine, 5,14 tonnes CO2 par habitant, en progression significative, et qui dépasse désormais la valeur moyenne mondiale de 4,29 tonnes CO2 par habitant

          - pour le Brésil, (1,74 tCO2/h), l’Egypte (2,11 tCO2/h)

          - Nigeria, (0,27 tCO2/h)

 

Le vecteur électricité permet une grande variété d’usages

 

L’électricité permet l’utilisation d’énergie primaire non carbonée, énergies renouvelables et nucléaire, et permet également une très grande diversité d’usages sobres énergétiques (moteurs à vitesses variables et à très haut rendement, pompes à chaleur, systèmes de récupération d’énergie au freinage, éclairages à très basse consommation,…). Si nous voulons limiter le réchauffement planétaire et donc les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la planète, il nous faudra consolider toutes les actions permettant de développer l’éco-efficacité énergétique en maîtrisant la consommation de l’énergie à la source (isolation des bâtiments, utilisation de systèmes de transport sobres, …) et favoriser les usages de l’électricité quand sa production est effectivement à bas carbone.

 

 

La disponibilité d’une électricité non carbonée ouvre ainsi la voie d’une nouvelle transition énergétique au niveau mondial

 

Les exemples de la Suède et de la France mettent en évidence qu’il est possible de disposer d’une électricité non carbonée. Il est donc possible de nous écarter résolument de l’utilisation des énergies fossiles (par le gaz, le charbon, …) pour la production d’électricité, et plus largement des usages énergétiques où ces énergies sont substituables.doit être la transition énergétique dans laquelle il convient d’aller au niveau mondial compte tenu des risques avérés liés à l’effet de serre, de leurs incidences socio économiques, et des enjeux de développement durable.

 

Les enjeux financiers ne doivent pas être ignorés

 

A noter, et non les moindres, les enjeux financiers associés à l’énergie, que ce soit au regard des marchés de matières premières (pétrole, charbon, gaz, uranium, …) ou au regard des capacités de financement qu’il faut mobiliser pour investir. 1MWe éolien terrestre représente un investissement de l’ordre de 1 million d’euro, 1000 MWe éolien, un milliard d’euros……..La transition énergétique mondiale exigera une grande mobilisation financière  sur des milliers de milliards d’euros et toute erreur peut avoir de très lourdes conséquences financières, et donc économiques et sociales.

 

La  transition énergétique au niveau mondial doit être conçue pour aider les pays les moins développés

 

Pour les pays les moins développés, l’utilisation des énergies fossiles doit leur être réservée pour leur permettre d’atteindre un premier degré de développement social et économique. L’atteinte de ce seuil minimal permettra alors de dégager un niveau de ressources financières minimales permettant des investissements mieux ciblés dans les bâtis, les industries et les infrastructures, vers des usages sobres de l’énergie, et l’utilisation économe de sources primaires d’énergie évitant les émissions de CO2 fossile. Il y a là une source majeure de solidarité et de partenariat entre les pays développés et ceux qui le sont moins avec un enjeu commun de développement durable.

 

L’avenir d’une civilisation de l’hydrogène demeure encore lointain.

 

A noter que l’hydrogène comme l’électricité, n’est qu’un vecteur d’énergie entre une ressource primaire amont et une utilisation finale en aval. L’hydrogène, comme l’électricité, ne se trouve pas à l’état naturel, dans une forme adaptée à l’usage final. Comme l'électricité, il faut le produire en amont, le transporter et/ou le stocker. En tant que vecteurs d’énergie, l’électricité, en fait plutôt le champ électromagnétique, offre aujourd’hui beaucoup plus de potentialités abordables sur le plan économique que l’hydrogène qui gardera un rôle mineur au moins dans le prochain siècle, en l’absence de découverte majeure ou de nouvelle percée technologique.

 

Le vingt et unième siècle sera celui de la sobriété énergétique et de l’électricité à travers le monde, avec des énergies primaires à bas carbone, les énergies renouvelables et le nucléaire sûr et compétitif.

 

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                                                         Plage de la Torche à Penmarc'h, février 2012

 

 

Pour la France, la transition énergétique passe d’abord par une maîtrise de sa demande en énergie globale, avec une électricité qui prendra une place relative encore croissante dans la demande énergétique finale, puisque nous bénéficions déjà d’une électricité bas carbonée

 

En nous situant du côté de la demande en énergie, notre consommation énergétique en France qui représente comme indiqué ci-dessus 4 tonnes d’équivalent pétrole par habitant, se répartit ainsi : (ref 3)

 

       -         l’agriculture et la pêche pèsent 2,6 % de la consommation finale en énergie

 

       -         l’industrie, 19,5 % de la consommation finale

 

Ce qui signifie que 22% seulement de la consommation finale en énergie va dans les forces productives

 

De plus :

 

       -         les transports représentent 32 % de la demande en énergie, dont 96,2 % assurés par le pétrole, ce qui constitue une dépendance majeure pour la France

 

      -         le résidentiel et le tertiaire, représentent 46 % de la demande en énergie, avec une répartition plutôt  diversifiée entre les énergies :

 

      . 0,6 % par le charbon

      . 16,1 % par le pétrole [ce qui représente une place encore très importante eu égard au peakoil]

      . 32,5 % par le gaz

      . 14,3 % par les énergie renouvelables en direct

      . 36,5 % par l’électricité

 

Compte tenu de ces chiffres et de la nécessaire transition énergétique mondiale décrite plus haut,  la maîtrise à la source de notre  consommation énergétique, notamment en matière d’hydrocarbures, mais également la place croissante que doit prendre l’électricité dans notre mix énergétique final, constituent un double enjeu majeur.

 

 

L’offre pour la France en matière d’électricité se fait à l’échelle de l’Europe et du pourtour méditerranéen

 

L’équilibre entre l’offre et la demande en électricité se fait à la vitesse de la lumière sur l’échelle de toute l’Europe, en temps réel, de façon quasi instantanée, avec un couplage entre les échanges physiques et les marchés de l’électricité.

 

Le réseau électrique est très largement interconnecté en Europe et avec l’ouest du Maghreb, entre plusieurs milliers de producteurs et des centaines de millions de consommateurs. La France est ainsi intégrée dans le plus grand marché d’électricité au monde avec un volume d’échange de plus de 1800 TWh. (ref 4)

 

L’équilibre physique entre la demande en électricité et la production en électricité est réglé par l’action sur la fréquence du réseau autour de 50 Hz (ref 5).

 

Si la fréquence diminue, comme la vitesse de rotation d’une roue d’un vélo qui grimpe une côte, c’est que la demande en énergie est plus importante que l’offre, l’effort demandé est plus important, et il faut injecter plus d’énergie. Les fournisseurs en énergie doivent alors accroître leur production d’électricité pour accompagner la demande de leurs clients.

 

Si la fréquence augmente, comme un cycliste qui aborde une descente et qui voit la vitesse de rotation de ses roues augmenter, l’offre physique est supérieure à la demande. Il faut alors réduire l’apport en énergie et diminuer la production d’électricité.

 

Des marchés de compensation de très court terme, complémentaires aux marchés court et moyen terme, permettent d’assurer les contreparties financières correspondantes aux adaptations temps réel des échanges physiques.

 

Pour la France, l’équilibre entre l’offre et la demande en électricité, et les échanges en électricité avec les pays voisins peuvent être visualisés en temps réel sur le site du gestionnaire de transport, RTE. (ref 6)

 

A noter que le stockage de l’énergie portée par l’électricité est possible, à grande échelle en Europe lorsque, dans les stations de pompage, est pompée de l’eau dans les heures dites creuses, pour être relâchée plus tard au moment où les besoins sont les plus importants. Le développement demain de parc de systèmes de charges de batteries de véhicules électriques, et de systèmes locaux de stockage dans les maisons disposant d’une production locale par énergie renouvelable, constitueront des éléments de souplesse complémentaires, cumulés avec des réseaux électriques de plus en plus « intelligents ». On pourrait imaginer demain des stations de pompage en mer, couplées à des éoliennes marines ou à des centrales nucléaires, et au réseau électrique interconnecté, pour renforcer les capacités de stockage et de régulation entre l’offre et la demande.

 

Ceci n’effacera pas pour autant la problématique de la production initiale d’électricité, par quoi et à quel coût.

 

Les modes de production d’électricité sont divers

 

Trois modes de production d’électricité peuvent être distingués :

           

        -         l’énergie en base, en continu tout le long de l’année, assurée typiquement en France par le nucléaire

        -         l’énergie en pointe, pour répondre au besoin de pointe, assurée préférentiellement en France par l’hydraulique de retenue, qui a stocké préalablement de l’énergie, par collecte naturelle dans des barrages ou dans des stations de pompage

       -         les énergies intermittentes, hydraulique au fil de l’eau, en fonction du débit des rivières, hydrolienne en fonction des courants de marée, éolienne en fonction du vent  ou photovoltaïque en fonction du rayonnement du soleil.

 

L’intermittence de l’éolien peut être visualisée par la production éolienne sur une période d’un mois par exemple. Ainsi à fin janvier  2012 en France, la puissance éolienne installée atteint 6645 MWe. La puissance instantanée a varié entre 157 et 5629 MWe, et la puissance moyenne a été de 2124 MWe. La production mensuelle éolienne a été de 1,5 TWh. (ref 7)

 

Dans le même temps, en janvier 2012, avec une production nucléaire installée de 63130 MWe, la production nucléaire s’est élevée à 42,8 TWh.

 

Par ailleurs, le photovoltaïque atteignait en France à fin 2010 une puissance installée de 760 MWe pour une production annuelle de 0,6 TWh en 2010

 

Dans le prix de l’électricité, il convient de séparer ce qui correspond à la production amont, au  transport, et aux  taxes.

 

Concernant le prix de l’électricité, il convient en effet de bien distinguer trois volets

 

       -         ce qui relève de la part en énergie, correspondant au besoin énergétique final utilisable. Il subsiste des tarifs réglementés mais il y a également des marchés de l’énergie, les marchés de la fourniture d’électricité étant désormais ouverts en Europe. Les prix de marchés de l’électricité portent sur la part énergie. (ref 8).

 

       -         ce qui relève de la part de l’acheminement, via les « autoroutes de l’électricité »  le transport d’électricité, les lignes à très haute tension, exploitées en France par RTE, et via les réseaux de distribution d’électricité, les « routes départementales et chemins communaux de l’électricité », exploités par l’essentiel par ERDF en France. La tarification régulée de l’acheminement se fait encore en France suivant le principe du timbre poste avec le principe de péréquation tarifaire sur l’ensemble du territoire national : si je consomme en Bretagne à Penmarc’h de l’électricité produite à Tricastin dans la vallée du Rhône, je paie le même acheminement que pour de l’électricité produite à Dirinon dans le Finistère. Les pertes sur le réseau, liées à l’effet Joule, sont comptées en France dans le tarif d’acheminement.

 

      -         Les taxes, locales et nationales. Y est incluse en France la Contribution de Service Public de l’électricité (CSPE). Elle permet de financer la contribution de solidarité pour l’accès à l’énergie pour les plus démunis, la solidarité territoriale pour l’accès à l’énergie dans les pays d’outre mer qui ne bénéficie pas de l’électricité produite en métropole par le nucléaire, et la subvention pour favoriser et permettre le développement des énergies renouvelables dont le coût de production demeure encore supérieur aux prix de marché. ( ref 9)

 

Les charges devant être couvertes par la CSPE 2012 représentent à ce stade 11 % de la facture annuelle moyenne des clients résidentiels. Le montant total prévisionnel de la CSPE pour 2012 est de 5,2 milliards d’euros, soit 13,7  Euros par MWh consommé.

 

52,1 % des charges prévisionnelles en 2012 sont dues au développement des énergies renouvelables, 28,5 % des charges pour la péréquation tarifaire pour les zones non interconnectées hors ENR, et 2,3  % pour la solidarité pour les plus démunis.

Le niveau des charges prévisionnelles au titre de 2012 est supérieur de 60 % au niveau atteint en 2010, en raison essentiellement du développement très dynamique de la filière photovoltaïque.

Les tarifs de rachat des ENR sont fixés par les Pouvoirs Publics. Pour le photovoltaïque, il se situe entre 120 et 460 euros le MWh (ref 10)

 

Pour l’éolien terrestre, (ref 11), il se situe à 82 euros par MWh pendant 10 ans puis entre 28 et 82 pendant 5 ans selon les sites. Pour l’éolien en mer, le tarif actuel est de 130 euros par MWh pendant 10 ans puis entre 30 et 130 euros les MWh pendant 10 ans selon les sites.

 

A comparer aux prix de marché qui oscillent en France autour de 50 euros le MWh pour la base en France, et entre 50 et 100 euros le MWh pour la pointe. (Ref 8)

 

L’électricité bas carbonée de la France est particulièrement compétitive

 

Situation énergétique de la France à fin septembre 2011 (ref 12 et 13)

 

       - taux d’indépendance énergétique de 48,7 % sur les douze derniers mois

 

       - facture énergétique de la balance commerciale énergétique, sur les douze derniers mois : 56,7 Milliards d’euros

 

dont importations de pétrole : dépenses de 45,1Milliards d’euros

        importations de gaz naturel : dépenses de 12,7 Milliards d’euros

        exportations/importations en électricité : recettes de 2,1 Milliards d’euros

 

La capacité exportatrice en électricité de la France, sans qu’elle ait vocation à permettre à la France de devenir le « château d’eau nucléaire » de l’Europe, illustre la compétitivité du parc nucléaire existant français, au sein des marchés de gros de l’électricité qui sont pleinement ouverts à l’échelle européenne.

 

 

L’utilisation de l’énergie nucléaire est porteuse de très fortes exigences

 

Le risque zéro n’existe pas. La sûreté nucléaire qui vise, par des dispositions techniques et organisationnelles à prévenir la survenance d’un accident grave, et à prévenir les conséquences d’un tel éventuel accident, impose des exigences particulièrement élevées.

 

Celles-ci sont pleinement prises en compte en France :

 

      -         des exploitants nucléaires responsables, accordant à tout moment la priorité une à la sûreté nucléaire,

 

     -         une expertise scientifique et une capacité industrielle auprès des exploitants de très haute qualité et adaptées aux niveaux d’exigences induites par la sûreté nucléaire,

 

     -         une prise en compte intégrale dans le coût de production des provisions pour le traitement ultime des déchets nucléaires et la déconstruction finale à l’issue du cycle de vie des réacteurs,

 

     -         une Autorité de Sûreté Nucléaire, et plus largement des Pouvoirs Publics exprimant des attendus exigeants en matière de sûreté nucléaire et assurant des actions de contrôle des exploitants nucléaires en conséquence,

 

     -         une coopération internationale active, tant au niveau des exploitants nucléaires qu’au niveau des instances de contrôle gouvernementales pour favoriser le partage d’expérience et la mise en commun des meilleures pratiques industrielles,

 

     -         un dialogue ouvert et transparent pour toute question de sûreté, tant au niveau local, national qu’international, dans la proximité auprès de la population au voisinage des installations, comme auprès de l’ensemble de la population et de ses représentants.

 

Trois accidents nucléaires de très grande ampleur ont cependant émaillé l’histoire encore jeune de l’industrie électro-nucléaire :

 

      -         l’accident de Three Mile Island aux USA en 1979. A la suite d’une succession d’une erreur d’exploitation, d’une défaillance technique de matériel et d’une erreur de diagnostic en salle de commande, le cœur du réacteur nucléaire a fondu. Il n’y a pas eu d’impact majeur sur l’environnement car la dernière ligne de défense, l’enceinte de confinement, a joué pleinement son rôle. Les enseignements retirés au sein de l’industrie électronucléaire ont notamment porté sur la meilleure prise en compte du facteur humain et sur le renforcement de la démarche de sûreté en profondeur, tant sur le plan technique qu’organisationnel.

 

      -         l’accident de Tchernobyl en Ukraine en 1986, erreurs humaines successives lors de la réalisation d’un essai conjuguées à des fragilités de conception. Cet accident a eu un impact significatif d’ordre sanitaire (une trentaine de décés immédiats, et de l’ordre de 7000 cancers radio-induits) et pour l’environnement. Des enseignements ont été dégagés dans la culture de sûreté (nécessaire attitude interrogative, rigoureuse et prudente, transparence), et dans la coopération internationale entre exploitants avec la mise en place de WANO, association mondiale des exploitants nucléaires, en charge notamment de réaliser des « Peer review », revues entre pairs.

 

     -         L’accident de Fukushima au Japon en 2011 à la suite d’un tsunami ayant occasionné lui-même plus de 20000 morts. Cet accident aux conséquences sanitaires a priori limitées, a cependant eu un impact social et économique majeur par le déplacement d’une centaine de milliers d’habitants. Les trois fusions de cœur de réacteur, conjuguées à des rejets massifs importants d’effluents radioactifs dont le volume total représentait de l’ordre du 1/10 (pour les Iodes) au 3/10 (pour le Cesium) du rejet de Tchernobyl,  ont pour origine en premier lieu une sous estimation à la conception des réacteurs du risque tsunami alors que des tsunamis d’ampleur similaire avaient pourtant déjà eu lieu au Japon, notamment en 869 et en 1896.

 

Le 14 décembre 2011 l'exploitant nucléaire TEPCO puis le Gouvernement Japonais ont confirmé l'atteinte d'arrêt à froid des réacteurs accidentés de Fukushima, conformément au programme établi par l'exploitant à l'issue de l'accident nucléaire qui faisait lui même suite au tsunami du 11 mars 2011.(ref 14)


Les mesures prises par le Gouvernement Japonais s’inscrivent dans le cadre des recommandations de la Commission Internationale de Protection Radiologique pour les mesures d'urgence en situation accidentelle (ref 15). L’atteinte de l’arrêt à froid des réacteurs accidentés en décembre 2011 a ouvert  la voie d'une nouvelle étape dans la restauration et la décontamination progressive du territoire affecté par l'accident nucléaire et par le tsunami, ce qui prendra de très nombreuses années.

 

 Les mesures d'accompagnement auprès de la population concernée, et les mesures de surveillance sur le plan radiologique et sanitaire, feront l'objet de la plus haute attention de la part de la communauté internationale. Cette surveillance sera maintenue sur plusieurs dizaines d'année, pour tenir compte des effets potentiels sur le long terme.

 

Le risque zéro n’existe pas et la sûreté nucléaire exige une vigilance et amélioration permanentes.

 

La sûreté nucléaire, malgré les 14000 années d’expérience réacteurs à travers le monde, demeure une école d’humilité et d’exigence. A cet égard, on peut évoquer le parallèle avec la mer qui est aussi une telle école d’humilité et d’exigence.

 

 

La Torche février 2012

 

                                                          La Torche, Penmarc'h février 2012

 

 

L’approvisionnement en uranium permet de faire face aux besoins sur plusieurs siècles

 

Concernant l’approvisionnement en uranium, les ressources actuellement disponibles, réparties sur l’ensemble des continents, permettent de faire face au niveau mondial aux besoins des réacteurs actuels pour un délai d’un siècle a minima. Le déploiement de réacteurs rapides (surrégénérateurs à neutrons rapides), réacteurs dits de génération IV, envisagé à l’horizon du milieu du vingt et unième siècle, permettra de valoriser d’un facteur 40 à 60 la matière fissile disponible. Le retraitement et le recyclage du plutonium dans le MOX (combustible hybride à l’uranium et au plutonium recyclé) s’inscrit dans cette perspective d’économiser et de valoriser au mieux les ressources naturelles.  Actuellement un réacteur rapide est en exploitation en Russie, BN 600 qui produit de l’électricité depuis avril 1980. Deux réacteurs rapides sont à ce stade en construction BN 800 de 800 MWE en Russie, et un de 500 MWe en Inde.

 

La déconstruction est une opération industrielle qui dispose déjà d’une expérience industrielle internationale

 

Les déconstructions déjà réalisées au niveau international permettent d’établir des références industrielles et des facteurs de prix enveloppes et conservatifs, pris en compte dans les provisions financières établies en France dans les comptes des exploitants pour financer, le moment venu, en fin de vie des réacteurs,  la déconstruction.  La France acquiert dès maintenant une large expérience industrielle avec la déconstruction en cours de la première génération de réacteurs.

 

Le traitement ultime  des déchets nucléaires dispose déjà de plusieurs solutions techniques

 

Concernant les déchets nucléaires, les dispositions déjà prises actuellement par les industriels permettent de gérer et de minimiser à la source les déchets. Les provisions financières sont intégrées en France dans les comptes des exploitants pour assurer le traitement ultime des déchets.

 

Les réacteurs nucléaires naturels d’Oklo en Afrique, où des réactions nucléaires se sont produites durant des centaines de milliers d’années, avec une production naturelle de plusieurs tonnes de plutonium et d’actinides divers, nous donnent déjà de précieuses indications scientifiques sur le devenir, sans précaution particulière, de produits de fission, avec un recul de plusieurs milliards d’années.

 

L’observation scientifique de notre environnement naturel- rayonnements cosmiques auxquels les pilotes et les voyageurs d’avions sont exposés, toute personne prenant l’avion pouvant estimer sa dose d’exposition (ref 16), rayonnement tellurique issu des composants de la terre, et réacteurs nucléaires naturels - peuvent nous permettre d’évaluer la robustesse et la pertinence des modalités de conditionnement ultime de nos déchets nucléaires résiduels.

 

Pour les déchets ultimes les plus radioactifs à vie très longue, qui représente un volume de l’ordre de quelques 3000  m3 pour la production électrique déjà réalisée depuis le début du parc français,  soit celui une piscine olympique tous les 50 ans, nous disposons d’un mode de vitrification qui nous permet de fixer les radio-nucléides comme ils l’ont été naturellement à Oklo dans la roche.

 

 

 

De l’opportunité d’une protection géologique pour libérer les futures générations de toute servitude

 

 Il peut être examiné l’intérêt d’une protection géologique complémentaire en profondeur pour garantir sur la durée la protection de la biosphère, comme on peut le faire pour d’autres déchets industriels. Une telle protection pouvant être mise en place dès maintenant  permettrait de libérer les futures générations de toute servitude inacceptable. Une telle protection nécessiterait de préserver la mémoire du lieu sur une surface équivalente à quelques terrains de sport ou places de marché, à l’échelle de mille ans, avant que le risque résiduel ne vienne se confondre avec le bruit de fond de la radioactivité naturelle, qu’elle soit d'origine tellurique ou cosmique.

 

L’histoire millénaire de la France, et celle également d’autres pays et d’autres peuples, nous enseignent qu’une telle mémoire d’un lieu peut être très largement à notre portée.

 

Aussi, concernant le traitement ultime des déchets nucléaires, deux techniques sont d’ores et déjà disponibles dès maintenant :

 

      -         soit la reconduction année après année d’une surveillance de surface ou en sub surface des déchets ultimes vitrifiés ; c’est la disposition actuellement mise en œuvre déjà aujourd’hui en France,

 

      -         soit la mise en place d’une protection géologique complémentaire permettant de se libérer à l’échelle d’un ou deux siècles, de toute servitude pour les générations suivantes.

 

La décision de passer d’une solution technique à l’autre, pour les déchets nucléaires ultimes, requiérera un choix politique, pour la mise en place d’une protection géologique. Elle pourra progressivement se faire en toute transparence, quand le débat aura permis d’avoir exploré tous les volets scientifiques, techniques, industriels et éthiques de cette question, sans tabou ni passion, mais également sans passer sous silence toute question de nos concitoyens. Elle devra s’exercer dans un cadre minimal de consensus international eu égard à l’engagement potentiel sur le moyen terme. Elle pourra faire école en matière de choix démocratique associant enjeux de société, enjeux scientifiques et enjeux industriels.

 

Le temps de mise en place progressive de cette protection géologique à compter du début du parc nucléaire français, et d’ici la moitié du 21ème siècle correspondra à un siècle, soit la durée d’un cycle de vie d’un grand réacteur industriel nucléaire. Une telle durée correspond à celle d’autre grands ouvrages d’intérêt général, barrages, ou grandes infrastructures portuaires, ferroviaires ou routières.

 

La France, au niveau des Pouvoirs Publics, devra achever la mise en place de la filière de traitement ultime de déchets nucléaires pour les déchets à vie très longue. Elle peut et à mon sens elle doit s’engager dès maintenant, avec la concertation qui convient, dans la mise en place d’une telle protection géologique.

 

 

Propositions pour la politique énergétique de la France : 

 

 

       -         continuer à limiter fermement à la source les consommations énergétiques, en tout premier lieu dans le transport et dans le bâtiment neuf comme dans l’ancien, toutes énergies confondues, et pas seulement pour l’électricité qui ne représente qu’un tiers de la consommation énergétique dans le bâtiment, et qui est appelée à contribuer à la diminution de l’hégémonie du pétrole dans les transports,

 

       -         La lourde taxation aux frontières des produits importés en France ou en Europe en fonction des émissions à la source de CO2 fossile  dans leur fabrication pourrait être envisagée, mais serait très longue et fastidieuse à mettre en place. Il suffit de considérer la grande difficulté déjà en Europe à mettre en place une taxe sur les émissions de CO2 sur les vols aériens. Il convient plutôt d’être exemplaire chez nous et de favoriser la réimplantation sur le territoire français d’industries petites et grandes bénéficiant d’une énergie sûre, propre et compétitive, disponible sur le territoire national grâce à l’hydraulique et au nucléaire,

 

      -         développer des politiques d’urbanisme et logistiques, en développant les infrastructures qui vont bien avec, en cohérence avec les actions de (re)localisation des activités industrielles. Les plateformes de transport multimodales doivent être favorisées en valorisant partout où cela est possible, des systèmes de transport, individuels ou collectifs, où la place de l’électricité sera croissante. Les PME et les collectivités locales seront aidées et accompagnées en ce sens, le financement étant assuré par la réimplantation d’industries sur le territoire national, 

 

      -         Le véhicule électrique se développera conjointement par des véhicule hybrides et par des infrastructures de charge et de comptage, faciles d’usage et bien réparties sur le territoire. La péréquation tarifaire entre territoires, qui doit demeurer en place, permettra la solidarité entre territoires, l’accès aux territoires les plus éloignés, qu’ils soient ruraux ou insulaires, 

 

     -         La recherche pour renforcer la compétitivité des énergies renouvelables sera renforcée pour viser la suppression des subventions pour les énergies renouvelables. Les énergies marines, la valorisation énergétique des résidus agricoles seront favorisées en exploitant le fait que la France est une terre agricole et un espace maritime de premier rang,

 

     -         Les biocarburants issus des productions agricoles non alimentaires, notamment dans la filière bois avec les bio carburants de nouvelle génération, mais également, des fermes aquacoles marines, produisant du biocarburant marin, permettront de remplacer le pétrole dans les situations où il est diffiicilement remplaçable en tant que combustible liquide (avions, navires, engins de servitude),

 

     -         Les hydrocarbures, émetteurs de gaz à effet de serre, CH4 et CO2, seront progressivement écartés des cœurs de cités puis de l’ensemble des territoires, avec le développement d’un mix énergie renouvelable locale/électricité non carbonée hydraulENRnucléaire/biocarburants,

 

      -         Pour les navires, la propulsion hybride voile/biocarburant, et la propulsion nucléaire navale pour de longues distances seront progressivement développées. Les premiers grands porte-conteneurs à propulsion nucléaire pour assurer la liaison Europe Asie seront-ils sous pavillon européen ou sous pavillon asiatique ? Des brises glace à propulsion nucléaire assurent d’ores et déjà des rotations régulières en Océan Artique, et des croisières sur de tels navires sont déjà proposées aux touristes,

 

     -         Maintenir la priorité une à la sûreté nucléaire, en France mais également en Europe et dans le monde, pour toutes les installations nucléaires présentes et à venir, qu’elles soient à destination de la production d’électricité, de la propulsion navale, du cycle du combustible nucléaire, du dessalement d’eau de mer, de la production d’isotopes médicaux, de réacteurs de recherche, …Tout événement grave dans ce type d’installations est de nature à remettre en cause à travers le monde l’acceptation sociale du risque, existant mais maîtrisable, associé à ce type d’installation, et peut conduire à diminuer le rôle que peut jouer le nucléaire pour contribuer à l’équilibre de la demande énergétique au niveau mondial. Notre capacité à maintenir au sein de notre mix énergétique une énergie nucléaire, sûre, compétitive, et reconnue comme un atout, constitue un enjeu majeur pour la France, mais également pour l’Europe et l’équilibre géopolitique de demain. Ceci suppose une volonté politique, et des acteurs industriels, exploitants, chercheurs, associations, qui assument chacun pleinement leur rôle, qu’il peut être d’action, de décision, d’interpellation  ou d’expertise.

 

       -         Mise en place d’une protection géologique pour le conditionnement ultime des déchets nucléaires, pour se libérer de toute servitude vis-à-vis des générations futures,

 

      -         Poursuivre la recherche  et le développement industriel de nouveaux réacteurs, sûrs et compétitifs, et préparer l’arrivée d’ici la moitié du 21ème des nouveaux réacteurs surgénérateurs de génération IV à neutrons rapides , avec des partenariats à l’échelle de l’Europe mais également avec tous les pays partageant le même degré d’exigences en matière de sûreté nucléaire

 

 

 

Conclusion

 

Une politique énergétique ne peut se jauger qu’à l’aune de ses dimensions locales, à la source des économies d’énergie et des potentialités locales, mais de façon tout aussi déterminante, à celle de ses interdépendances sociales, scientifiques, industrielles et techniques, géopolitiques et générationnelles.

 

Dans les potentialités disponibles en France, par son histoire scientifique, industrielle et politique, la France dispose de l’énergie nucléaire pour produire de façon sûre et économique, sans forte dépendance de la part de ses partenaires à l’international, de l’électricité. Le nucléaire n’est finalement que l’agencement et le conditionnement de quelques cailloux bien choisis dans une approche ordonnée, rassemblant un grand nombre  d’acteurs. Avec beaucoup de sueur et de matière grise, des compétences et des savoirs faire industriels très divers et une très haute technologie, de la rigueur  et de la précision, les travailleurs et acteurs du nucléaire permettent de délivrer une énergie naturelle de façon utile et efficace,  au service du plus grand nombre.  

 

Dans la mesure où la priorité une est maintenue à la sûreté nucléaire, comme cela est le cas en France, en procédant notamment aux réévaluations périodiques de sûreté et aux mises à niveau décennales, tenant compte du retour d’expérience interne et international, dont post Fukushima, et où l’action des Pouvoirs Publics garantit cette sûreté dans toutes ses dimensions, court terme comme long terme, le nucléaire constitue un atout industriel majeur pour la France et l’Europe

 

L’arrêt prématuré de tout réacteur existant, sûr et compétitif, l’arrêt de la fermeture du cycle du combustible comprenant le retraitement et le recyclage du plutonium, ou l’arrêt du développement de tout nouveau réacteur, constituerait un gaspillage et une aberration écologique, sociale et économique, tant pour la France que pour l’Europe. Cela serait une erreur géo-stratégique majeure avec de très fortes conséquences financières et économiques pour la France. Cela ne ferait que renforcer la dépendance et la fragilité de la France dans le contexte de crise globale et majeure que nous vivons. 

 

A l’inverse, dans une approche industrielle en premier lieu sûre, et partagée en confiance avec la population, la pérennité et la compétitivité du parc nucléaire français, associées à l’éco-efficacité énergétique à la source des besoins en énergie et au développement de la compétitivité des énergies renouvelables, permettent d’apporter aux Français et aux Européens, aux territoires comme aux entreprises, une réponse énergétique adaptée. Une telle politique contribue à la sécurité d’approvisionnement énergétique de la France et de l’Europe, préserve l’emploi et permet de le développer, et ce dans le respect des générations futures et de l’environnement.

 

Une telle politique énergétique est de nature à constituer l’un des appuis solides sur lesquels la France peut compter en vue d’une sortie partagée et durable, de la crise. Elle permettra à la France de jouer un rôle moteur dans la mise en place d’une transition énergétique mondiale en faveur d’un développement partagé et durable, fondé sur une sobriété énergétique efficace à bas carbone.

 

Port de Saint Pierre Penmarc'h février 2012                                            Port de Saint Pierre Penmarc'h février 2012

 

 

Sources/références

 

(1)   Chiffres clés de l’Agence Internationale de l’Energie

 http://www.iea.org/textbase/nppdf/free/2011/key_world_energy_stats.pdf

 

(2) suivi du Pic de production Mondial de Pétrole (Peak Oil) par ASPO (Association for the Study of Peak Oil)

http://www.peakoil.net/

 

(3) statistiques demande en énergie France

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/energie-climat/

 

(4) carte du réseau européen interconnecté

https://www.entsoe.eu/index.php?id=77

(5) fréquence du réseau électrique européen illustrant l’équilibre entre l’offre et la demande en électricité en Europe

 https://www.entsoe.eu/system-operations/the-frequency/

(6) échanges d’énergie en électricité entre la France et ses pays voisins

http://fondation.rte-france.com/lang/fr/visiteurs/vie/tableau_de_bord.jsp

 

 (7) production mensuelle d’électricité en France,

http://www.rte-france.com/fr/mediatheque/documents/l-electricite-en-france-donnees-et-analyses-16-fr/publications-mensuelles-17-fr/apercus-sur-l-energie-electrique-apercus-sur-l-energie-electrique-fr

 

(8) marché européen de l’électricité

 http://www.epexspot.com

 

(9) composition de la contribution de service public à l’électricité
http://www.cre.fr/dossiers/la-cspe

http://www.cre.fr/documents/deliberations/proposition/cspe-et-contribution-unitaire-2012


(10) tarif de rachat photovoltaïque
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Tableau_Tarifs_pv.pdf

(11) tarif de rachat éolien
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Tarifs-d-achat,12280.html

(12) lettre mensuelle de conjoncture énergétique France

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Conjoncture-energetique-de,25058.html

(13) chiffres clés de l’énergie en France 2010
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rep-10-10.pdf

(14) publication des actions engagées par l’exploitant nucléaire TEPCO a la suite de l’accident nucléaire de Fukushima de mars 2011

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/index-e.html

 

(15) Commission Internationale de Protection Radiologique

http://www.icrp.org/


(16) mesure de l’exposition au rayonnement cosmique

http://www.sievert-system.org/

 


Unités

 

Fréquence

1 Hz = 1 Hertz = 1 oscillation ou une rotation par seconde

 

Puissance

 

1 W = 1 Watt

KW = 1000 W

MW = 1 million de W

GW = 1 Milliard de W

TW = Mille Milliards de W

 

MWth : Mega Watt thermique

MWe : Mega Watt électrique

 

Une centrale de production d’électricité hydraulique convertit l’énergie mécanique de l’eau en mouvement en une énergie électro-magnétique avec une puissance électrique de sortie vers le réseau électrique qui s’exprime en MWe.

 

Une centrale thermique à énergie fossile ou nucléaire dispose d’une chaudière d’une puissance thermique qui s’exprime en MWth, pour mettre à disposition du réseau électrique une puissance électrique qui s’exprime en MWe , après conversion de la vapeur produite par la chaudière en énergie mécanique puis en énergie électro-magnétique.

 

La puissance du rayonnement électro-magnétique issu du soleil est de l’ordre du KWthermique au m2 au sol à nos latitudes.

 

Energie

 

Le Joule, la calorie ( 1 cal = 4,186 J) , l’électron volt.

 

La tep, la tonne équivalent pétrole

Mtep, millions de tonnes équivalent pétrole

Millions de barils jour

Une tep = 7,33 barils

 

1000 m3 de gaz naturel = 0,85 tep

 

MWh = Megawatt heure : énergie produite/consommée en utilisant une puissance de 1 MW pendant une heure.

 

Le « ruban » en base de 1 MWh = c’est l’énergie de 1 MWh fournie à la puissance de 1/8760 MW tout au long de l’année, l’année se composant de 8760 h

 

TWh =  TeraWattHeure : énergie d’un milliard de kWh

 

Pouvoir calorifique du bois :

Une tonne anhydre = 0,43 tep

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bernard Maillard 10/03/2013 11:41

L'ouverture et la rigueur intellectuelle sont des préalables à l'analyse critique et aux confrontations des points de vue.
Sous la rubrique énergie, ce blog met en perspective d'autres données actualisées et disponibles sur l'énergie et sur les émissions des gaz à effet de serre.

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