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Le blog de Malicorne

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Journal d'un citoyen français, militant de la vie et de la liberté


la mer, un atout majeur pour la France

Publié par Bernard Maillard sur 2 Janvier 2012, 13:02pm

Catégories : #la mer

 

Sein août 2011

                                                                                        Ile de Sein Août 2011

 

 

La mer constitue pour la France un atout majeur mais encore trop ignoré. 

 

Onze millions de km2 de zones maritimes, une présence sur la plupart des océans, une histoire maritime avec un grand nombre de peuples, une recherche scientifique maritime d'excellence, une industrie navale et maritime significative, ( construction et exploitation de navires, mais également cabliers, plateformes en mer, exploration sous marine, ouvrages en bordure de mer ou en mer, ...), autant d'atouts majeurs par la mer et pour la mer, .....sans oublier les enjeux de défense, de sécurité et de protection à travers la disponibilité des transports maritimes qui représentent l'essentiel de nos échanges commerciaux avec le monde et la présence de notre force navale océanique qui contribue à préserver la liberté et les intérêt vitaux de nos concitoyens et de nos alliés à travers le monde.

 

 

 

La mer, par la ressource stratégique qu'elle constitue  pour la France, requiert une attention, une politique spécifique.

 

Pour autant, la balance commerciale des produits de la mer est déficitaire, nous sommes toujours en train de nous interroger sur la compétitivité de notre industrie navale, nous doutons de nos chercheurs, nous réduisons la mer à un lieu de consommation pour nos vacances.

 

Quels pourraient/devraient  être les volets majeurs d'une nouvelle politique maritime pour la France?

 

En premier lieu, réaffirmer que la mer est un éco systéme qu'il nous faut observer, connaître, respecter. L'enjeu premier de notre politique maritime doit être de maintenir un très haut niveau scientifique tourné vers la mer.

 

L'observation in-situ, en profondeur, en surface, et de l'espace constitue un axe premier de travail, d'étude, de recherche, dans lequel la France, avec ses partenaires européens, et autres, doivent agir, pour mieux connaître et faire connaître la mer. 

 

L'observation de la Médiiterranée, de sa biodiversité, comme de l'ensemble de ses composantes, doit constituer un volet de coopération pour l'ensemble des pays riverains de la Méditerranée, et la France, par son expertise océanographique, doit garder une force première de proposition et d'action. 

 

Les difficultés conjoncturelles financières pour la Grèce, institutionnelles et économiques pour les pays du Sud, ne doivent pas être un obstacle rédhibitoire à la mise en place et à l'exercice d'axes de coopération scientifique qui peuvent constituer autant de points de repères en faveur de la prise en compte d'un bien commun partagé entre l'Europe et l' Afrique que constitue la Méditerranée.

 

L'observation de l'Atlantique, des interactions entre l'Océan et l'Atmosphère, peut contribuer à développer une sensibilisation commune partagée entre l'Afrique, l'Europe et l'Amérique sur les enjeux de protection des espaces maritimes et atmosphériques.

 

L'observation du Pacifique , de ses potentialités comme de ses fragilités, notamment au abord des îles et des rivages hyper urbanisés, peut contribuer à développer un sens commun à l'Asie et au reste du monde d 'un patrimoine commun à protéger et à valoriser ensemble.

 

Si la mer est une école d'humilité, elle peut rester pour nous une source de vie et de développement si nous savons la respecter.L'observation scientifique doit être au service du développement qui lui même doit être durable. Cela signifie que l'observation scientifique doit également agir comme source d'expertise et d'interpellation, dans la liberté d'expression.

 

En deuxième lieu, il nous faut une présence maritime économique. Cela passe par un soutien et un encouragement des forces industrielles tournées vers la mer, que ce soit pour transporter, exploiter, transformer ou valoriser.Pour avoir droit au chapître, il faut être présent et peser.

 

Notre pavillon martitime est aujourd'hui trop en retrait des flottes maritimes. Et nos ports sont en douce somnolence.

 

Nos ports ne bénéficient pas de l'hinterland qui convient. Si nous pouvons considérer avec raison que le port du Havre, c'est le port de Paris, il convient que toute la logistique fer/route/navigation fluviale s'installe en conséquence.

 

C'est autant de politiques structurelles de grandes infrastructures mais également d'actions locales dans les territoires, avec le soutien des PME/PMI locales, dans une chaîne de solidarité et d'action, qu'il nous faut reconstituer. ce n'est pas en décrétant d'en haut, de Paris , de Bruxelles ou d'ailleurs, que cela va suffire. Il convient que l'enjeu soit partagé, compris, et que les actions locales soient pleinement reconnues et mises à contribution, en permettant que les forces économiques, mais également sociales et politiques locales soient mises en mouvement, au plus près des besoins, au plus près des potentialités.

 

Les schémas locaux de développement maritime doivent ainsi se mettre en place, sous l'impulsion des Pouvoirs Publics, dans une approche concertée, collectivités territoriales, France, et Europe.

 

Il n'y a pas que Le Havre/Port de Paris, même si cela est très important

 

Il y a, pour ce qui concerne la France,

 

    -l'interconnexion des ports méditerranéens Marseille/Toulon/ avec la Vallée du Rhône,

 

     - l'interconnexion Rhin/Rhône

 

   -   l'interconnexion Seine /Nord,

 

    - la coopération des ports de Manche, Cherbourg, Ouistreham/Caen/Honfleur, Le Havre/Rouen, Dieppe, Dunkerque,...

 

    - la coopération sur l'Arc Atlantique, de Brest à La Rochelle, élargie à la façade Portugal, Espagne, Royaume Uni, et Irlande

 

   -les ports dans les Antilles Françaises, les Iles polynésiennes du Pacifique, dans les îles en général comme lieux de développement insulaire respectueux de la vie et culture locale et ouvert sur le monde,

 

   -les lignes maritimes méditérranénnes, atlantiques, mondiales, ...... dans lesquelles soit au départ, soit à l'arrivée, soit le long du transit, nous pouvons contribuer au niveau France à une meilleure sécurité du transport, à des conditions de travail dignes, des transports faiblement émetteurs de CO2 fossile, une liberté de circulation dans les espaces maritimes ouverts au niveau international, notamment les détroits vitaux pour les échanges mondiaux,

 

Ces shémas locaux de développement maritime, initiés par les échanges maritimes, doivent permettre de constituer autant de greffes pour de nouveaux développements, bases logistiques à terre et bases de soutien logistique en mer, maintenance et réparation navale, équipements maritimes, développement de nouveaux projets maritimes, pêche cotière associée à la transformation locale, extraction et valorisation de minerais et de terres rares présents à très grande profondeur, bio carburant , aliments et cosmétiques à partir d'algues et autrs organismes marins, extraction par des hydroliennes de l'énergie des marées ou des grands courants océaniques,  nouveaux systèmes de transport,...

 

Autant de lieux d'action pour entreprendre. Cela suppose des forces économiques constituées, agissant de façon concertée en faveur d'un objectif commun bien identifié, faisant jouer de façon habile et efficace, la complémentarité et la coopération. La liberté d'entreprendre peut être mise au service d'un intérêt général partagé autour de la mer.

 

 

En troisième lieu la politique maritime de la France doit porter un volet d'éducation et de promotion de la dimension maritime de la France. Les "classes de mer" ne sont pas réservées aux tout jeunes!

 

         - le parrainage systématique de navires civils et militaires, liens entre nos cités et nos marins,

 

        - l'accueil le plus large possible de conférences internationales ou d'organismes internationaux à vocation maritime, et pas seulement dans nos ports,

 

         - la publication , réalisation, de livres, films, faits culturels d'origine France et tournés vers la mer,

 

         - la présence de français dans les négociations internationales sur le commerce maritime, la juridiction maritime, la gouvernance maritime,....

 

constitueront autant de signes  révélateurs de notre capacité d'action et d'influence, d'ouverture et de dynamisme de notre présence maritime, au service de la France, mais également dans le respect de ce bien commun et vital qu'est la mer. 

 

 

Cancale-mai-2006.jpg

 

                                                                                                  Cancale mai 2006

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