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Le blog de Malicorne

Le blog de Malicorne

Journal d'un citoyen français, militant de la vie et de la liberté


Le Bide de Doha. Que fait la France?

Publié par Bernard Maillard sur 8 Décembre 2012, 20:48pm

Catégories : #énergie, #Géopolitique, #politique

Port-Sauzon-avril-2008.jpg

 

                         Port Sauzon, Belle Ile en mer, avril 2008

 

 

L'effet de serre a encore de beaux jours devant nous, malheureusement pour nous tous!

 

La conférence mondiale sur le climat s'achève aujourd'hui à Doha au Quatar en ne concluant rien du tout. Mais peut-être ne fallait-il rien attendre d'un tel machin? En tout cas la voix de la France s'est trop peu exprimée alors que l'enjeu est majeur.

 

Quel est l'enjeu?  Rien de moins que de protéger toutes les populations qui sont susceptibles d'être impactées par le futur effet de serre qui s'annonce d'ici la fin du 21ème siécle, avec à venir de nouvelles très fortes perturbations météorologiques,  (tornades, ouragans mais aussi des sécheresses sévères) , mais aussi de très grands déséquilibres démographiques  (élévation du niveau de la mer entrainant des inondations de grandes magapôles situées en bord de mer, migrations des populations de très fortes amplitudes, .....) .  L'alerte ne peut être ignorée. 

 

Il n'y a pas trente six chemins. Pour diminuer le émissions de CO2 fossile, Il nous faut activement diminuer la part des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) dans le bouquet énergétique mondial, sans écarter le droit au développement des pays le plus éloignés du niveau économique mondial. Aussi les énergies fossiles garderont une part résiduelle pour une durée aussi longue que nécessaire tant que de nouveaux équilibres n'auront pas été installés.

 

Pour cela il faut des politiques énergétique fortes, cohérentes, de long terme, fondées notamment pour les pays les plus développés sur des économies d'énergie, des infrastructures et des sytèmes efficaces sur le plan énergétique, et un production d'électricité à bas carbone. La production d 'électricité dans le monde est en effet aujourd'hui fortement contributrice aux émissions de CO2. Il y a aussi la question du transport à traiter.

 

Les exemples de la Suède ou de la France mettent cependant en évidence qu'il est possible de viser, avec une qualité de vie digne, zéro émission de CO2 fossile dans la production d'électricité avec la conjonction efficace des énergies renouvelables, notamment l'hydraulique qui permet le stockage d'énergie dans les stations de pompage, et du nucléaire.

 

Je fais une proposition simple:  que la France, à défaut de pouvoir en interdire l'importation, taxe lourdement tout produit importé venant de pays fortement émetteurs de gaz carbonique, et qu'elle appuie tout pays, en Europe ou ailleurs, à agir de même vis à vis des pays plus émetteurs que lui. 

 

Je propose également que cette taxe soit largement amplifiée lorsque, comme  pour l'Allemagne si proche de nous, ou pour la Chine et les USA, les pays fortement émetteurs continuent à augmenter leurs émissions de CO2

 

              Chine, 5,13 tonnes CO2 par habitant en 2009, et en 2010, 5,43 tonnes CO2 par habitant

              Allemagne  9,16 tonnes CO2 par habitant en 2009 et en 2010, 9,32 tonnes par habitant

              USA, 16,90 tonnes CO2 par habitant en 2009, et en 2010, 17,31 tonnes CO2 par habitant

                             ( sources Agence Internationale de l'Energie "Key World Energy Statistics")

 

Dans le même temps, il faut soutenir tout système éco efficace sur le plan énergétique, toute industrie à basse émission de  carbone, les énergies renouvelables, qui devraient pouvoir enfin trouver leur compétitivité- mais aussi l'énergie nucléaire, et préserver l'utilisation de l'énergie fossile pour les pays les moins développés pour les aider à atteindre un premier seuil de développement. 

 

Ne mettre aucune volonté pour diminuer les émissions de CO2 fossile dans les pays développés, et dans certains pays, se payer le luxe d'enfant gâté d'arrêter des sites de production nucléaire pour des choix politiciens, et non des raisons de sûreté, en augmentant de fait la dépendance au pétrole, au gaz ou au charbon fossile constituent une triple atteinte au droit des plus démunis:

 

            - cela contribue à accélérer l'effet de serre par l'accélération des émissions de CO2 comme cela a encore été le cas dans le monde en 2011, cela augmente donc les risques pour les populations les plus démunies,

 

            - cela empêche les pays les moins développés de disposer d'un minum d'énergie fossile qui doit leur être réservée au moindre prix pour leur permettre d'atteindre un seuil minimum de développement

 

               - cela entrave la mise en place de filières industrielles sûres et partagées, respectueuses de l'environnement et des générations futures, dans les énergies renouvelables, comme dans le nucléaire qui peuvent apporter conjointement une réponse adaptée dans le cadre d' une économie évoluée, équilibrée, et sobre en consommation énergétique.

 

Et pendant tout ce temps, en France, nos querelles de partis et nos danses de courtisans dans leurs palabres veulent nous faire oublier l'essentiel.

 

A quand le sursaut républicain?

 

 

 

 

 

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Per game 13/12/2012 06:47

L'énergie nucléaire est certes la moins polluante des énergies "dures" au niveau des émissions de CO2, mais que penses-tu du surcoût astronomique de l'EPR, du coût vertigineux des démantèlements et
du stockage des déchets (est-ce provisionné quelque part ?), des sommes colossales qui ont été depuis 40 ans exclusivement affectées au développement de la filière nucléaire au détriment des
énergies douces, et du risque incontrôlable que les sites nucléaires font peser sur les populations civiles et qu'il n'est plus possible de nier depuis les 3 accidents majeurs de l'histoire de
l'industrie nucléaire ? La stratégie quasi exclusive de développement du nucléaire est comparable à celle de l'ultra libéralisme dans le domaine financier : une fois qu'il ne semble plus exister
d'alternatives, on se voit imposer le système comme en définitive le moins mauvais ! L'échec de Doha n'est pas celui du gouvernement français comme ton article semble l'insinuer, mais d'une logique
fondée sur le fric et l'égoïsme qui dépasse les petites frontières de l'hexagone, et qui règne en maître à défaut (une nouvelle fois !) d'alternatives politiques tuées dans l'œuf ou un peu plus
tard par la logique précédemment évoquée. Je propose un autre titre à ton article : Échec de Doha : changeons (enfin) de paradigme ! Et en sous-titre : Vive le Bonheur !

Bernard Maillard 14/12/2012 00:18



Les réacteurs de troisième génération comme l'EPR demeurent compétitifs sur la durée par rapport aux cycles combinés à gaz et au charbon auxquels ils doivent être comparés. 4 EPR sont aujourd'hui
en construction, en Finlande, en France, et en Chine. Pour mémoire, plus de 60 nouveaux réacteurs sont en construction dans le monde. Le risque zéro n'a jamais existé, et l'industrie nucléaire a
tiré le retour d'expérience des accidents majeurs survenus, comme a su le faire d'autres industries à risque. Les provisions pour démantelement et pour le stockage des ultimes déchets sont dans
les comptes des exploitants et sont régulièrement audités par les commissaires aux Comptes et la Cour des Comptes. La déconstruction ne présente pas d'obstacle majeur. De nombreux réacteurs ont
déjé été déconstruits dans le monde. Les coûts sont connus. La France, avec la première génération en cours de déconstruction, dispose également déjà de références industrielles. Le premier
réacteur à eau pressurisée déconstruit en France est Chooz A. Après la découpe des générateurs de vapeur déjà réalisée, le prochain chantier sera pour la cuve avec des entreprises ayant déjà
réalisé ce type d'opération. Pour le stockage ultime, il faudra que nous sachions prendre la décision collectivement de mettre une protection géologique sur les déchets ultimes. Nous avons le
temps de prendre cette décision mais le plus tôt sera le mieux pour ne pas pénaliser les générations futures. Je n'oppose pas le nucléaire aux énergies renouvelables qui doivent trouver toute
leur place dans le bouquet énergéitique. Mais le problème numéro 1 , au-delà des nécessaires économies d'énergie, ce sont  d'abord les émissions de gaz Carbonique qui peuvent conduire par
l'efet de serre à de très lourdes conséquences dramatiques sur la population. Le problème numéro deux, c'est d'assurer la sécurité d'approvisionnement énergétique de la France et de l'Europe.
Pour ces deux points, le nucléaire sur et compétitif est utile. Pourquoi s'en priver? 


Quant au bide de Boha, je redis que je n'ai pas entendu la voix de la France, cinquième puissance économique mondiale, ce qui est tout à fait anormal. La France porte une partie de la
responsabilité de cet échec. Sur le sujet, elle a forcemment quelque chose à dire et à faire, et elle se doit de peser dans les négociations internationales. 


 


 



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