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Le blog de Malicorne

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Journal d'un citoyen français, militant de la vie et de la liberté


Que nous enseigne la carte de Piri Reis ?

Publié par Bernard Maillard sur 6 Août 2019, 14:46pm

Catégories : #Exodialogues, #sciences, #la mer

En 1929, mon père intégrait l'Ecole Navale. Cette année là, lors de travaux destinés à transformer en musée le palais de Topkapi à Istambul, en Turquie,  un jeu de cartes anciennes est découvert dont l'une, datée de 1513, attire particulièrement l'attention de l'amirauté Turque.

Cette carte est attribuée à l''amiral ottoman Piri Ibn Haji Mehmed  dit Piri Reis, connu pour ses actions en Mer Rouge et dans le golfe Persique. Elle décrit les côtes occidentales de l'Afrique et les côtes orientales de l'Amérique du Sud.

La datation au carbone 14 indique que la gazelle dont la peau a été utilisée pour le support de cette carte a bien vécu au début du xvie siècle. L'analyse des encres est compatible avec celle des encres utilisées dans l’Empire Ottoman au début du xvie siècle[1].

Cette carte aurait été établie à partir de données recueillies auprès de Christophe Colomb (ou d’un membre de son équipage) après sa première traversée de l’Atlantique en 1492, et à partir de cartes anciennes datant de l’antiquité.

 

L’antiquité a connu de grands navigateurs.

Ainsi, Hannon le Navigateur est un explorateur carthaginois du VIème siècle ou du VII ème siècle avant JC. Il est possible qu’il ait atteint la côte Sud du Gabon actuel, dans le Golfe de Guinée.

Son périple a été décrit sur une stèle déposée dans le temple de Ba’al-Hammon à Carthage.  L'original punique n'a pas été retrouvé, mais il existe une version grecque du IXème siècle après JC,  intitulée Récit du voyage du roi des Carthaginois Hannon autour des contrées qui sont au-delà des Colonnes d'Hercule,  et décrite comme issue d’une inscription gravée sur des plaques suspendues dans un  temple de Kronos à Carthage.

Himilcon (en phénicien Chimilkât), dit le Navigateur, est un navigateur et explorateur carthaginois du Vème siècle avant JC. Il a pu être contemporain de Hannon.

Himilcon serait le premier explorateur connu de la mer Méditérranée à atteindre les côtes du nord ouest de l’Europe. Il conduisit une expédition dans l'Océan septentrional : il y explora les îles Britanniques de l’archipel des Sorlingues (Iles Scilly). Son périple est signalé par Pline,

Pythéas, explorateur grec originaire de Massalia, l’antique Marseille, a effectué un voyage dans les mers du Nord de l'Europe vers 325 avant JC.  Il est le plus ancien auteur connu de l'Antiquité à avoir décrit les phénomènes polaires, le soleil de minuit, les marées, ainsi que les latitudes des lieux visités. Ses découvertes lui ont  permis de confirmer que la Terre était ronde. Il nous a laissé un ouvrage, "de l’Océan", aujourd’hui disparu,  mais cité par  Eratosthèse, Polybe, Diodore de Sicile et Pline l’Ancien.

Quelle était l’étendue des connaissances de ces navigateurs dans  l’Antiquité ?

De quelles données disposaient-ils ? Sur les techniques de construction navale et de navigation ? Mais aussi de quelles données sur les terres lointaines ???

La carte de Piri Reis décrit un littoral sud américain qui n’avait pas été découvert par Christophe Colomb, car celui-ci n’est pas descendu plus au sud que le Vénézuela sur la cote continentale américaine.

Or la carte de de Piri Reiss donne des indications  sur les grands fleuves et les côtes de l’Amérique latine dans son ensemble, avec de grandes similitudes avec les éléments de description dont nous disposons aujourd'hui pour ce continent.

Donald E . KEYHOE ancien pilote d’avion dans la marine américaine, et ancien directeur du NICAP, de 1957 à 1970, National Investigations Committee on Aerial Phenomena, Comité US d’enquête sur les phénomènes aériens, signale dans son livre « les Etrangers de l’espace » qu’une copie de la carte de Piri Reis, ainsi que des documents ayant été utilisés par Christophe Colomb,  ont été analysés en détail par le Service Hydrographique de la Marine des Etats Unis.

Donald E Keyhoe en précise les conclusions[2].

"Pour son voyage vers l’Amérique, Colomb avait disposé d’une carte où figuraient des fragments de la côte de l’Amérique du Sud, dont la côte antarctique. La carte originale devait remonter au moins à 5000 ans, peut être davantage. La précision en était telle qu’elle supposait des cartographes extrêmement entrainés et un recours à l’observation aérienne.

Par endroits, les côtes représentées sur la carte de Piri Reis se trouvaient recouvertes de glace depuis plusieurs siècles. Pour en vérifier le tracé original, la Marine s’assura le concours d’un expert en prospection sismique, le révérend Daniel Linehan, directeur de l’Observatoire de Weston, Collège de Boston. Au terme de nombreux sondages à travers l’épaisse couche glaciaire, le sismologue retrouvait exactement le tracé de côte de la carte de Piri Reis. On tenait ainsi la preuve d’une ancienneté de la carte supérieure à vingt siècles". 

 

Qu’en conclure ?

  • L’observation, l’attitude interrogative, la collecte des faits et le recoupement croisé des informations  expérimentales disponibles  dans une approche théorique cohérente doivent constituer plus que jamais la base de toute approche scientifique
  • En science, comme dans d’autres domaines, la réalité dépasse toujours la fiction. Ne nous laissons jamais enfermer dans des représentations aussi séduisantes soient-elles
  • L’antériorité des connaissances, la profondeur de l’humanité dans ses composantes historiques peuvent être beaucoup plus prononcées que celles aujourd’hui considérées
  • Le développement et la transmission des connaissances entre générations par des facteurs endogènes  à l’humanité, peuvent ne pas être linéaires, voire même être discontinus ou régressifs. Des périodes de recul de la connaissance dans l’humanité peuvent s'établir sur des siècles, voire des millénaires.
  • Rien ne permet d’écarter l’hypothèse d’accélérations subites de la connaissance de l’humanité terrestre par des facteurs exogènes, par des civilisations venues d’ailleurs.
 

[1] Gabriel GACHELIN, « PIRI REIS CARTE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 6 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/carte-de-piri-reis/

 

[2] Donald E . KEYHOE Les étrangers de l’espace, éditions France Empire

 

 

Carte de Piri Reis , Palais de Topkapi, Istamboul, Turquie

Carte de Piri Reis , Palais de Topkapi, Istamboul, Turquie

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