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Le blog de Malicorne

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Journal d'un citoyen français, militant de la vie et de la liberté


Service public de l'énergie, pour qui et pour quoi ?

Publié par Bernard Maillard sur 23 Juillet 2021, 07:46am

Catégories : #Economie, #Géopolitique, #politique, #énergie

Malgré les effets très médiatiques d’annonce autour de la dite « transition énergétique », la part majoritaire et très significative de la  « contribution au service public de l’énergie » sert plus une régulation favorable à des investisseurs divers et très souvent « off shore », sans servir en premier, ni  la lutte prioritaire contre l’effet de serre, ni le soutien au pouvoir d’achat du plus grand nombre, ni l'indépendance énergétique, ni la lutte contre l’exclusion.

Examen de la délibération annuelle de la CRE (Commission de régulation de l’Energie)  du 15 juillet 2021 relative à l’évaluation des charges de service public de l’énergie pour 2022

https://www.cre.fr/Documents/Deliberations/Decision/evaluation-cspe-2022

La CRE signale l’augmentation en France des prix de marché de l’électricité de 11,5 Euro /Mwh entre 2020 et 2021. Rappelons que la part énergie représente en France un tiers de la facture domestique en électricité, les deux tiers restant se répartissant entre d’une part l’acheminement ( transport haute tension et distribution basse tension) et les taxes, pour globalement un tiers chacun. Cette augmentation représente de l’ordre de 20 % d’augmentation de la part énergie pour des prix de marché de l’électricité autour de 50 Euro le Mwh en moyenne, avec incidence sur les autres composantes du prix de l’électricité, puisque notamment le transporteur (RTE) et les distributeurs ( ENEDIS et régies municipales locales) se voient imposer de s’approvisionner, pour les pertes sur le réseau, sur le marché de gros de l’électricité.

Cette augmentation significative du coût d’approvisionnement de l’électricité en France s’inscrit dans le contexte de crise sanitaire mais surtout dans le contexte de la fermeture anticipée pour des raisons non de sûreté ni économique, mais politiques, du site nucléaire de Fessemheim ( 2 fois 900 MWe) en 2020 induisant de facto une tension complémentaire sur les prix de marché de gros de l’électricité en France.

Cette augmentation forcée des prix de marché de l’électricité en France se répercute directement sur le pouvoir d’achat des consommateurs, alors que la fermeture partielle anticipée du nucléaire, énergie décarbonée à un prix ARENH de 42 Euro le MWH fixe depuis 10 ans, sans moyen compensable pilotable décarboné de substitution, n’apporte aucune valeur ajoutée sur le plan de la lutte prioritaire contre l’effet de serre et crée de nouvelles dépendances géopolitiques et financières.

Les charges prévisionnelles de service public de l’énergie, supportées conjointement par les consommateurs d’énergie via les taxes, et les contribuables via les impôts, sont prévue de s’élever à 8,8 milliards d’euro pour 2022.

Le soutien aux ENR électriques (Energies Nouvelles renouvelables - éolien et solaire pour l'essentiel) en métropole s’élève à 5153,8 millions d’euros. Cette part est artificiellement atténuée par rapport aux années précédentes (5794 millions d’euro constatées en 2020) par l’augmentation forcée des prix de gros de l’électricité en raison de la fermeture anticipée et politique de Fessemheim en 2020.

Ce soutien aux ENR électriques en métropole demeure très lourd et significatif. Il représente un dixième du budget annuel de l’éducation nationale en France.

Soulignons également que ce soutien en métropole des énergies nouvelles renouvelables électriques - dont une grande partie des équipements est importée - n’apporte non plus aucune valeur ajoutée sur le plan de la lutte prioritaire contre l’effet de serre, car le parc hydraulique et nucléaire existant et diversifié permet déjà que l’électricité française dans son ensemble soit décarbonée, et que le déploiement de nouvelles énergies intermittentes impose de disposer de moyens pilotables décarbonés complémentaires pour faire face à tout instant, sans exposer la population à un risque de black-out, à l’équilibre entre la demande en l’électricité et la production disponible d’électricité à l’échelle du système électrique interconnecté.

Le soutien de l’éolien terrestre représente 1 277, 7 millions d’euro.

Pour la première fois l’éolien maritime apparait avec 82,3 millions d’euro.

Le soutien du solaire représente 2 957, 8 millions d’euro.

Le soutien aux énergies renouvelables des zones interconnectés s’élèvera en 2022 à 2 163, 6 Millions d’euro. Les zones interconnectées ne bénéficient ni du nucléaire à 42 euro le MWh, ni du système électrique interconnecté. Le soutien aux énergies renouvelables  (670 millions d’euro) et la solidarité avec la métropole (1493,3 millions d’euro)  ont toute leur pertinence dans ce contexte.

Enfin soulignons la part très marginale, 0,4 % Soit 30,9 millions d’euro pour les dispositifs sociaux ( accès à l’énergie pour les plus démunis…)

En conclusion, malgré les effets très médiatiques d’annonce autour de la dite « transition énergétique », la part majoritaire et très significative de cette « contribution au service public de l’énergie » sert plus une régulation favorable à des investisseurs divers et très souvent « off shore », sans servir en premier, ni  la lutte prioritaire contre l’effet de serre, ni le soutien au pouvoir d’achat du plus grand nombre, ni l'indépendance énergétique, ni la lutte contre l’exclusion.

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