« Le déficit public pour 2023 s’établit à 154,0 Md€, soit 5,5 % du produit intérieur brut (PIB), après 4,8 % en 2022 et 6,6 % en 2021. Les recettes ralentissent nettement en 2023 : elles progressent de 2,0 % après +7,4 % en 2022. Le taux de prélèvements obligatoires diminue et s’établit à 43,5 % du PIB après 45,2 % en 2022, à un niveau proche de l’avant Covid (43,9 % en 2019). Les dépenses ralentissent un peu : elles augmentent de 3,7 % après +4,0 % en 2022. En proportion du PIB, les dépenses continuent de reculer et s’établissent à 57,3 % du PIB après 58,8 % en 2022 et 59,6 % en 2021, cependant, elles demeurent sensiblement supérieures à l’avant Covid (55,2 % du PIB en 2019). La dette des administrations publiques au sens de Maastricht atteint 110,6 % du PIB fin 2023 après 111,9 % fin 2022 ; elle était de 97,9 % du PIB en 2019 »
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8061907
Cette absence de maitrise du budget public est inacceptable et constitue un élément de destruction de notre capacité d’action publique au service premier de l’intérêt général.
Pour mémoire, (cf chiffres clés du budget 2024 – Budget général de l’Etat), les prévisions de recettes pour 2024 sont de 312 Milliards d’euros pour une dépense de 453 Milliards, soit un déficit déjà annoncé en 2024 pour le seul Etat de 141 Milliards d’euros dans la loi initiale de finances pour 2024…avec la répartition suivante pour les postes les plus importants :
Enseignement scolaire 87 Milliards
Engagements financiers de l’Etat 61 Milliards d’euros
Défense nationale 58 Milliards d’euros,
Solidarité 31 Milliards d’euros,
Recherche et enseignement supérieur 32 Milliards d’euros,
Sécurités 24 Milliards d’euros,
Travail 23 Milliards,
Ecologie 22 milliards d’euros,
Cohésion des territoires 19 Milliards d’euros,
Justice 12 Milliards d’euros,
Agriculture 4,7 Milliards d’euros
Santé 2,7 milliards d’euros…
Nous soulignions en juillet 2023 la pleine illusion d’un gain induit pour la puissance publique par les dispositifs de soutien public pour la production intermittente de production d’électricité alors que la puissance publique compensait par ailleurs, à un coût particulièrement très élevé, des aberrations de la régulation de marché de l’électricité, dans un contexte de pleine spéculation sur les marchés de l’énergie.
Le montant total des charges prévisionnelles liées aux boucliers et amortisseurs à compenser au titre de 2023 s’élevait ainsi suivant la CRE au 19 juillet 2023 à 24 911,6 M€, dont 23 561,1 M€ pour les fournisseurs d’électricité.
Le montant total des charges prévisionnelles de service public de l’énergie au titre de 2024 pour les finances publiques était par ailleurs évalué par la CRE, à un coût prévisionnel de 696,0 M€ pour 2024 après une « charge négative » pour les finances publiques de 1 687,3 millions d’euros en 2023, les montants très élevés constatés sur les marchés de gros de l’électricité ayant induit ces « charges négatives ».
En métropole, les dispositions de soutien aux ENR électriques étaient prévues d’induire une « charge négative » de 4 765,2 millions d’euros en 2023 et 2 682,6 millions d’euros en 2024.
Or, ces « charges négatives », ces recettes potentielles pour les finances publiques, s’établissaient à partir d’une prévision des prix sur le marché de gros de l’électricité, d’une estimation du coût évité et de l’énergie vendue à terme avec un coût moyen retenu pour ces prévisions de prix à terme de 235,9 €/MWh pour 2023 et de 191 €/MWh, à la baisse, pour 2024.
Mais, du fait notamment d’une hydraulicité plus favorable en 2023 qu’en 2022, et d’une disponibilité du parc nucléaire redressée en 2023 après l’aléa industriel rencontré en 2022 avec la corrosion sous tension, les prix sur les marchés de gros de l’électricité ont retrouvé dès le deuxième semestre 2023 une perspective plus favorable.
En effet, sur le marché de gros de l'électricité, le ruban d’électricité 2024 était redescendu le 5 décembre 2023, à 98 euros le MWh, en dessous des 100 euros le MWh …la baisse se poursuivant pour les rubans 2025 (94 euros le MWh) et 2026 (82 euros le MWh).
https://malicorne.over-blog.com/2023/12/le-ruban-electicite-2024-a-moins-de-100-euros-le-mwh.html
Au 27 mars 2024, le ruban sur le troisième trimestre 2024 se négociait à 58 euros 40 et sur le dernier trimestre 2024 à 88 euros 44.
Après une baisse à 66 euros 79 le 23 février 2024, le ruban 2025 s’est négocié à 77 euros 70 le 27 mars 2024. Et après une baisse à 57 Euro 88 le 22 février 2024, le ruban 2026 s’est négocié à 67 euros 33 le 27 mars 2024.
source
https://www.eex.com/en/market-data/power/futures
Ainsi dans ce contexte de très forte spéculation en 2022, 2023 et 2024 sur les prix de l’énergie, conviendra-t-il d'examiner plus en profondeur comment ces différentes évaluations reposant sur des hypothèses infondées ont pu avoir une incidence sur l’incapacité du gouvernement en France à maitriser ses comptes publics.
Une régulation des marchés de l’électricité établie sur les fondamentaux économiques de long terme, la nécessaire suppression de l’aberrante Arenh et de toute aide publique qui ne sert qu'à entretenir la spéculation, des politiques énergétiques fondées sur l’intérêt général, la maitrise du pouvoir d’achat, la sécurité d’approvisionnement énergétique, la lutte effective contre le risque climatique, et la lutte contre toute forme de spéculation et de corruption dans la plus grande transparence et lisibilité possible des budgets publics, doivent plus que jamais guider notre action publique.
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