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Le blog de Malicorne

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Journal d'un citoyen français, militant de la vie et de la liberté


CSPE 2025, mais où va donc s'arrêter le siphonnage de l'argent public ?

Publié par Bernard Maillard sur 1 Août 2025, 12:14pm

Catégories : #Economie, #Géopolitique, #énergie, #politique

Publication en France par la CRE, la Commission de régulation de l’Energie, le 1er août 2025 de la délibération numéro 2025-80 en date du 10 juillet 2025 relative aux charges de service public de l’énergie, actualisées pour 2025 et prévisionnelles pour 2026.

https://www.cre.fr/documents/deliberations/evaluation-des-charges-de-service-public-de-lenergie-a-compenser-en-2026-et-a-la-reevaluation-des-charges-de-service-public-de-lenergie-a-compenser-en-2025.html

 

Ces charges, dont le total annoncé pour 2025 était de 8,9 milliards d’euros, est réactualisé à 11,1 Milliards d’euros pour 2025 [ soit un dépassement de 24,7 % sur le budget prévisionnel 2025], et de 12,9 Milliards d’euros de charges à compenser pour 2026 [soit une augmentation de 16 % entre le réalisé 2025 et le prévisionnel 2026].

Ces charges sont compensées pour l’essentiel par le budget public France, (9,7 Milliards d’euros ) et pour une part, par les taxes sur l’électricité (accise 3,25 Milliards d’euros ).

 

Elles permettent notamment de financer le soutien en métropole à la production électrique intermittente, éolienne et photovoltaïque (7,6 Milliards d’euros), la solidarité de la métropole pour les zones non interconnectées électriquement (3 Milliards d’euros), et la lutte contre la précarité et l’exclusion (37 millions d’euros ).

 

Ces éléments appellent les commentaires suivants :

 

1/ A noter la très grande difficulté des Pouvoirs Publics à établir une prévision budgétaire fiable sur ces charges de service public de l’énergie,  d’où l’exigence de la plus grande transparence possible sur les flux financiers impliquant la puissance publique, et sur tous ces mécanismes de soutien public.

Ces difficultés de maitrise, et donc de transparence dans l’utilisation des fonds publics , ont été déjà largement soulignées les années précédentes[1].

Ces évolutions prennent notamment en compte conjointement les conséquences des évolutions des coûts directs de la production intermittente d’électricité, éolienne et photovoltaïque, publiquement soutenue, et les perspectives d’évolution des prix de marché de gros de l’électricité.

Ces derniers dépendent, au premier ordre en France, de la disponibilité des moyens de productions d’électricité pilotables, hydrauliques et nucléaires.

 Au 1er août 2025, le ruban d’électricité  se négociait à 64 euros le MWh pour 2026 et à la baisse, à 62 euros le MWh pour 2027[2].

 

2/ Le soutien par le budget public en France, en métropole, aux productions intermittentes, éoliennes et photovoltaïques, est particulièrement lourd alors que ces productions sont désormais très largement excédentaires en Europe !

L’augmentation continue en 2025 des occurrences de prix négatifs de l'électricité en Europe, (En France 363 heures à prix négatif, pour le premier semestre 2025, soit environ 8 % du temps, contre 235 heures au premier semestre 2024[3]) confirme qu’il y a un très large excédent de production intermittente d'électricité, éolienne et photovoltaïque, en Europe au détriment de production pilotable décarbonée.

Ces augmentations d’occurrence en Europe de prix négatifs d’électricités sont des précurseurs d’une augmentation de risque de black-out car ils correspondent à une augmentation des situations physiques de profond déséquilibre sur le système électrique entre la demande et l’offre en électricité .

Elles sont ainsi révélatrices d’un double gaspillage de l’argent public :

- par un prix négatif de l’électricité, incitation à consommer de la précieuse énergie

- illustration d’un investissement réalisé, avec un large soutien public, dans des moyens inadaptés à la demande en électricité, voire dangereux pour la sécurité d'approvisionnement en électricité

A noter que ce très lourd soutien public depuis plusieurs dizaines d’années n’a, à ce jour, aucunement permis de progresser en France dans la nécessaire augmentation du placement de l’électricité déjà décarbonée de longue date en France[4] et donc dans la lutte prioritaire contre le risque climatique.

Le montant cumulé, non actualisé, déjà versé depuis 2003 jusqu’à fin 2024 [5] pour le soutien public aux énergies intermittentes pour la production d’électricité en métropole s’élève à 40 Milliards d’euros.

Il conviendrait de connaitre les provisions établies dans le budget public pour couvrir les engagements établis à fin 2024 (114 milliards d’euros) et les nouvelles dépenses (145 milliards d’euros) prévues dans le projet de décret PPE 3[6], uniquement pour le soutien aux investisseurs dans la production éolienne ou photovoltaïque en métropole, soit un cumul de 259 milliards d’euros de nouvelles dépenses à faire porter par le budget public de la France pour les prochaines années.

Ceci renforce très significativement la difficulté de la maitrise budgétaire de la France, déjà particulièrement éprouvée par ailleurs.

Pour mémoire, le budget annuel en France de l’enseignement scolaire est de 89 Milliards d’euros, celui de la Défense Nationale de 60 Milliards d’Euros, et celui de la justice de 13 Milliards[7] d’euros. Dans le budget de la Sécurité Sociale 2025, le budget des établissements de santé est de 106 Milliards d'euros et celui de la Branche famille de 68 Millairds d'euros. 

A noter, cerise sur le gâteau, que ces productions intermittentes, très largement soutenues publiquement et très largement excédentaires en toute l’Europe, donnent lieu désormais à des mécanismes de compensation publique lorsque les prix sont négatifs , ce qui établit désormais ce qui peut être qualifié comme un très large siphonnage de l’argent public[8], pour quelle finalité, pour qui ? Pourquoi ???

 

3/ Le coût total du soutien public aux énergies ENR électriques intermittentes   en métropole est prévu de s’élever à 7 664  Millions d’euros en 2026, en augmentation significative par rapport à 2025 (6 202, 3 Millions d’euros dans la prévision actualisée de 2025, soit une augmentation de 24 % )

  • Le soutien de l’éolien terrestre induit en 2026 une charge de 1 300 millions d’euros de charges pour un coût moyen de rachat de 100,6 euros le MWh (à la hausse par rapport à 2025, 97,5  euros le MWh)
  • Le soutien de l’éolien en mer induit en 2026 une charge de 921,7  millions d’euros avec un coût moyen de rachat de 184,9 euros le MWh, (à la hausse par rapport à 2025, 178,2 euros le MWh)
  • Le soutien du solaire photovoltaïque induit en 2026 une charge de 4 389  millions d’euros avec un coût moyen de rachat de 211,2  euros le MWh ( à la baisse par rapport à 2025, 266,1 euros le MWh) 

  Il convient également de garder en mémoire que ce coût direct du soutien public des productions intermittentes d'électricité ne comprend pas le coût induit pour le développement et l’adaptation en conséquence du réseau électrique, coût qui s’élève à plus de 100 milliards d’euros, et qui doit bien par ailleurs être financé, soit par le contribuable, soit par le consommateur d'électricité.

 

4/ Le montant des charges prévisionnelles pour 2025 du soutien de solidarité au zones non interconnectées électriquement, de 3 016,2  millions d’euros, en diminution par rapport à 2025 ( 3 301, 2 millions d’euros)

Ceci confirme la non-atteinte encore à ce stade d’un système électrique isolé, décarboné et compétitif, en l’absence d’une production nucléaire comme en métropole,  et ce malgré une pénétration de plus en plus large des énergies renouvelables.

 

5/ Le total des charges prévisionnelles associées aux dispositifs sociaux électricité et gaz, de lutte contre l’exclusion et la précarité s’élève à 36,8  millions d’euros en 2027. Ce montant déjà très faible par rapport aux autres charges de service public de l’énergie, continue sa diminution par rapport à en 2025 (37 millions d’euros).

Ce montant très marginal demeure très interpellant alors que l’extrême pauvreté n’est hélas toujours pas éradiquée en France.

 

6/ Pour mémoire, en 2022 et 2023, ces charges de service public de l'énergie avaient également permis de soutenir exceptionnellement le pouvoir d’achat et les entreprises dans un contexte d’hyper spéculation (coût exceptionnel de 26 milliards sur les deux années, dont 21,3 Milliards d’euros en 2023 ) alors que la France en 2023 était redevenue exportatrice en électricité aprés une année 2022 marquée par une faible hydraulicité et une faible disponibilité du parc nucléaire en exploitation.

Aucune provision ne se révèle nécessaire pour 2025 ou 2026.

 

 

Pour retrouver les autres articles du Blog de Malicorne sur l’énergie

https://malicorne.over-blog.com/tag/energie/

 

mis à jour le 1er septembre 2025
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