
Ile de Tinos, Cyclades, Grèce, août 2010
Je suis amoureux de la France mais aussi européen de coeur, avec le souvenir meurtri des guerres fraticides du vingtième siècle et celui des premiers espoirs portés par le Traité de Rome. L'Europe que je veux, c'est une Europe de liberté, de paix et d'avenir, pas une Europe d'asservissement, de violence ou d'exclusion.
Certains nous poussent , par la dette de la Grèce, puis par celle de l'Espagne, demain par celle de l'Italie, de la France ou de l'Allemagne, vers une intégration politique européenne renforcée, assise, par la perte de leur autonomie, sur la disparition des Etats nations et le joug fédéral. Dans ce contexte, une telle aventure, fondée sur l'addiction à la dette et à la dépendance, la mutualisation des pertes et des risques et la dé-responsabilisation, constitue une impasse inefficace et dangereuse pour nos libertés fondamentales.
Aussi, avant d'aller plus loin dans l'Europe, vers une coopération renforcée des Etats Nations, et non vers un fédéralisme désincarné et sans âme, nous parait-il essentiel de permettre à chacun, au préalable, de retrouver pleinement sa dignité et sa marge de manoeuvre.
Je formule ainsi Cinq propositions d'avenir pour la Grèce pour lui permettre de sortir durablement de la crise, et nous éviter en Europe l'aventure dangereuse, liberticide et inefficace de l'intégration politique européenne forcée par la dette telle qu'elle se profile aujourd'hui
1/ Etablir un moratoire de dix ans minimum sur le remboursement de la dette extérieure, en figeant le montant dû.
2/ Mettre en place par les Grecs un fonds de redressement de la Grèce pour lui permettre le remboursement ultérieur des dettes dues et qui seront remboursées, au montant figé en euros ou en devises extérieures, au moment du moratoire, actualisé avec un taux d'intérêt de 1 pour cent correspondant au taux actuel de prêt de la Banque Centrale Européenne aux banques. Ce remboursement sera effectué à partir de la fin du moratoire, dès que le fonds sera suffisamment alimenté, par l'Etat Grec, au fûr et à mesure du rétablissement préalable de la situation sociale et économique de la Grèce.
3/ Sortir de la zone euro et mettre en place une nouvelle drachme disposant de l'étalon or afin d'éviter toute spéculation extérieure sur la drachme.
4/ Nationaliser toutes les banques, grandes entreprises et services publics réalisant en Grèce un chiffre d'affaires équivalent à 10 millions d'euros. L'indemnisation des actionnaires sera assurée par le fonds de redressement de la Grèce, dès que le remboursement de toutes les dettes externes aura pu avoir lieu. Seuls les services publics vitaux pour l'économie du pays auront vocation à terme à demeurer nationalisés, une fois la situation sociale et économique rétablie.
5/ Etablir un plan de redressement économique de la Grèce fondé conjointement
- sur un programme d'investissement des entreprises publiques et de soutien à la création d'entreprises avec une activité localisée en Grèce, le financement étant établi à partir des fonds grecs rendus disponibles par l'établissement du moratoire du remboursement de la dette,
- la reprise de l'emploi chez les artisans, les très petites, petites et moyennes entreprises grecques, en défiscalisant temporairement l'emploi dans ces entreprises jusqu'au retour du plein emploi en Grèce,
- sur une consolidation de la fonction publique grecque, tournée prioritairement vers le développement social et économique de la Grèce.
Conditions de réussite
1/ ne pas attendre les révoltes de la rue,
2/ disposer d'une autorité publique forte, légitimement et démocratiquement élue,
3/ inscrire l'action dans la durée avec une cible de rétablissement, d'abord par les Grecs eux mêmes, de la situation en moins de dix ans,
4/ ne générer aucune nouvelle dette publique en garantissant l'efficacité du recouvrement fiscal et l'équilibre des budgets publics, locaux comme nationaux, la solidarité entre territoires, entre le continent et les îles notamment étant assurée d'abord par l'Etat Grec, pour tenir compte des spécificités insulaires
5/ promouvoir la valeur ajoutée grecque, pays maritime et méditerranéen, terre d'histoire, d'arts, de sciences et de culture, soutenir son engagement dans la recherche et l'industrie dans de nouvelles technologies ( océanographie, bio technologies, nano industrie, énergies renouvelables et énergie nucléaire pour la production d'électricité, le dessalement d'eau de mer et la propulsion navale, ...) en valorisant et en développant les coopérations européennes pour promouvoir ces différents domaines qui constitueront des compétences clés pour l'Europe.
Et ce sera la Grèce qui sera demain de nouveau, à côté de la France, et des autres pays européens réunis, aux premières loges pour nous aider à faire face aux défis du monde de demain.

fleurs à Tinos, août 2010