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Le blog de Malicorne

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Journal d'un citoyen français, militant de la vie et de la liberté


Visite du Site de Tchernobyl en mai 2013

Publié par Bernard Maillard sur 26 Mai 2013, 22:32pm

Catégories : #énergie, #Expressions libres

Visite en Ukraine du site de Tchernobyl et de la commune de Pripyat le 23 mai 2013

Rappel des données historiques :

Après l’accident du réacteur 4 de Tchernobyl qui a eu lieu le 26 avril 1986, les réacteurs 1 à 3 ont été redémarrés. Les réacteurs 1 et 2 plus éloignés du réacteur accidenté que le numéro 3, ont été redémarrés dans les mois qui ont suivi l’accident, dès l’année 1986, dans des conditions particulièrement difficiles du fait notamment du rayonnement ambiant induit par le réacteur accidenté.

Les réacteurs 1, 2 et 3 ont ensuite été arrêtés respectivement en novembre 1996, en octobre 1991 et en décembre 2000, soit plus de 14 ans après l’accident du réacteur 4 pour le dernier.

Réacteurs 5 et 6

Les réacteurs 5 et 6 étaient en construction au moment de l’accident du réacteur 4. Le réacteur n° 5 était achevé à 95 %. Leur construction a été suspendue, et le chantier pour le moment laissé en l’état.

Passage à proximité du réacteur 4 accidenté

2700 personnes travaillent encore sur l’ensemble du site et cette population est amenée à diminuer progressivement en fonction de l’avancement des travaux. Le site est destiné à garder une activité industrielle sur de très nombreuses années. La reconquête de la salubrité industrielle est aujourd’hui prévue de s’achever dans les années 2060.

nouvelle protection du réacteur 4 en cours de réalisation

150 personnes travaillent directement sur le chantier pour l’établissement d’une nouvelle protection pour le réacteur 4 accidenté. Les mesures de cette construction essentiellement métallique s’élèvent à 257 m sur 150 m à la base et une hauteur de 108 m. Le financement international s’élève à 1,2 millliard d’euros.

La construction se fera en plusieurs étapes. Deux demi-coques seront réalisées séparément. Chacune d’elle sera hissée pour reposer sur de grands pieds métalliques articulés. Une fois assemblée entre elles, elles seront translatées sur rail au dessus du réacteur quatre. Le chantier a lieu à quelques centaines de mètres du réacteur accidenté.

Bâtiment central du site de Tchernobyl

La cantine du site où j’ai mangé avec mon groupe de visite se situe dans le bâtiment central du site.

Après la visite à proximité du réacteur 4 accidenté, du chantier de la nouvelle protection, et des installations nouvelles de traitement des déchets, nous nous sommes rendus à Pripyat après le déjeuner.

Centre ville de Pripyat

La ville de Pripyat, située à 8 km du site, et où résidaient près de 50000 personnes la veille de l’accident, a été évacuée le lendemain de l’accident. Depuis, la nature envahit peu à peu le site.

La zone d’exclusion est de trente kilomètres autour du site. Ceux qui travaillent sur le site viennent par train ou par bus tous les jours de l’extérieur de cette zone.

Des personnes âgées, une centaine, sont revenues habiter dans cette zone d’exclusion interdite à l’habitation depuis l’accident.

La reconquête de la vie sociale et économique du territoire se réalisera quant à elle à l’échelle du siècle.

vitrail dans les bureaux de Tchernobyl

vitrail dans les bureaux de Tchernobyl

Données radiologiques

Sur le plan radiologique, durant cette visite, l’exposition instantanée la plus forte a été de 16 micro Sievert par heure, à proximité du réacteur 4 accidenté. L’exposition courante sur le site se situe entre 2 et 3 micro Sievert par heure, et à Pripyat où nous sommes allés elle était de 0,5 micro Sievert par heure.

Cette visite a donné lieu à une exposition individuelle de 28 micro Sievert, de l’entrée dans la zone d’exclusion le matin à 10h à la sortie à 17h. En prenant l’avion de Kiev à Paris, le lendemain, j’ai été exposé à 14 micro Sievert du fait des rayons cosmiques (source IRSN/DGAC Institut de Recherche pour la Sûreté Nucléaire et Direction Générale de l’Aviation Civile : http://www.sievert-system.org/ ) Ainsi, mon exposition durant ma visite à Tchernobyl a été équivalente à un aller et retour Paris Kiev, 28 micro Sievert.

Le personnel qui travaille sur le site fait l’objet d’une surveillance radiologique avec une limite visée d’exposition de 20 milli Sievert par an. Les ouvriers et techniciens qui exécutent la nouvelle protection du réacteur 4 sont exposés à une exposition quotidienne qui varie autour de 50 micro Sievert, dans dépasser les 100 micro Sievert par jour.

Le contrôle de la contamination fait l’objet de portiques de contrôle successifs en sortie de site et en sortie de zone d’exclusion. Lors de notre visite, aucune contamination n’a été constatée dans notre groupe composé d’une trentaine de personnes. Le guide était cependant très attentif à ce que nous ne marchions pas sur l’herbe, ni sur le site, ni à Pripyat.

Si la situation radiologique apparaît désormais sous contrôle, j’ai néanmoins une pensée particulière pour toute la population et pour tous travailleurs qui ont fait face et, qui continuent à le faire avec courage, aux conséquences de ce terrible accident. Les témoignages des salariés et de leurs proches qui ont vécu l’accident et ses suites demeurent particulièrement précieux et émouvants. Des témoignages sur la très forte mobilisation inter-sites nucléaires dans la gestion post accidentelle de l’accident, et dans l’information par étape auprès de la population ont pu ainsi être recueillis.

Les travaux post Tchernobyl de la communauté internationale ont confirmé l’importance de la culture de sûreté, attitude interrogative, rigueur, communication opérationnelle, transparence (cf travaux de l’INSAG 4). Aujourd’hui, 65 réacteurs nucléaires sont en cours de construction à travers le monde. Après Tchernobyl, le plus grave accident nucléaire de l’histoire du nucléaire civil, suivi par Fukushima en 2011, l’objectif de sûreté nucléaire de se prémunir contre tout accident grave, et en cas d’un hypothétique accident grave, de limiter toute conséquence durable sur le plan radiologique, mais également d’ordre socio-économique sur le territoire d’accueil d’un site nucléaire, doit devenir un objectif de sûreté incontournable pour tous les pays.

La communauté internationale des exploitants nucléaires, premiers responsables de la sûreté nucléaire des installations nucléaires, ainsi que celle des Autorités de sûreté, en charge de définir les objectifs de sûreté et d’en assurer le respect, pour le compte des populations des territoires d’accueil, devront conjointement veiller à ce qu’il en soit bien ainsi.

jardiniers sur le site de Tchernobyl le 23 mai 2013

jardiniers sur le site de Tchernobyl le 23 mai 2013

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